Yacouba Bamba, entrepreneur en herbe

IMG_7906

A défaut du médecin ou du banquier qu’il aurait voulu être,Yacouba Bamba , 22 ans, jeune déscolarisé est à la fois aide au stationnement baptisé en argot ivoirien  «  Djosseur des namas » et  coursier des marchés. Un cumul de postes  de rue qu’il s’impose pour  consolider son  présent et se bâtir un avenir. Rencontre avec cet autodidacte qui, à l’aide de son Smartphone, fait le facteur pour des clientes aux indisponibilités nombreuses. Lieu :Adjamé marché, secteur Banfora. Date : samedi 5 février 2016.

IMG_7907 (2)

Bien sûr qu’il a un Smartphone, c’est d’ailleurs  l’outil de travail  indispensable. Yacouba Bamba , le jeune malinké a l’oreille occupée par ses écouteurs, les yeux rivés vers les voitures entrant au marché de vivriers et de temps à autre sur son téléphone. Le   jeune homme connecté est en fait « djosseur des namas » et  coursier  dans un Adjamé marché sans parking  mais bondé d’usagers   de tout genre et surtout  vide de ses clientes TICS.  Elles, ceux sont des femmes du prototype 2010 : femmes actives et ou bureaucrates mais également  mères  et épouses au foyer, celles dont le timing hyper serré empêche même d’effectuer des courses au marché Gouro, marché de  référence de vivriers abidjanais. Ces clientes Tics sollicitent  très souvent  les  coursiers des marchés comme Yacouba  via leur téléphone pour les emplettes du jour, de la semaine et même du mois. Par appel ou SMS/MMS émis  depuis la maison ou le bureau, la liste des courses est communiquée, Yacouba dès réception prend note, préfinance  sur fonds propres l’achat de ces dernières et les livrent aux différentes destinataires. « Mes clientes sont nombreuses et reparties aux 4 coins de la capitale économique. Elles partent de Yopougon(quartier populaire situé au nord d’Abidjan), à la riviera palmeraie (quartier chic plus à l’est de la capitale économique) en passant par le plateau, le quartier des affaires au centre-ville» déclare  Yacouba.

Une fois à domicile, les emplettes sont vérifiées, comptabilisées et Yacouba en plus d’être remboursé, est récompensé. « Ici au marché, j’ai mes fournisseurs qui me font un prix spécial, je réalise un premier gain sur le coût de la marchandise qui m’est fourni et que je livre au prix du marché. Une fois chez elles, mon transport m’est restitué, l’argent utilisé pour les courses également, en plus j’ai des pourboires. Eux sont facultatifs et  fonctions de la satisfaction et du degré de gentillesse de la cliente  »  dit le jeune homme boudiné. Un service fort apprécié par la plus part de ces clientes quand certaines préfèrent toujours se rendre elles-mêmes sur les lieux. « Certaines sont septiques et préfèrent elles-mêmes faire les courses du mois » l’argument évoqué selon notre coursier reste le choix au niveau qualité de la marchandise demandée . Une option qui est bien loin de démotiver notre homme. Son petit métier, il l’exerce depuis les classes et en fait désormais son gagne-pain.

« Depuis l’école, pendant mes heures creuses et les vacances, j’aidais mes clients à stationner et j’effectuais puis livrais leurs courses. Cela m’a aidé à financer mes cours. Cette activité m’aide à assurer mon présent de  déscolarisé et mon avenir de « grand entrepreneur  » renchérit  Yacouba le sourire au coin de l’œil, sans diplôme ni formation mais déterminé

Il n’a pas la renommée de Delmas Ehui, le planteur 2 .0, célèbre web entrepreneur ivoirien, ni le pouvoir des sites de livraisons à domicile mais  en Yacouba germe une idée de grand qu’il dit vouloir matérialiser plus tard « je m’en sors avec  en moyenne 150 000 Fcfa rien qu’en étant coursier. Je suis célibataire et squatte le salon de mon beau ; toutes mes économies sont destinées à l’ouverture prochaine de ma petite boite de coursiers des marchés  et mon magasin de vivres » projette ce fils d’une fratrie  modeste de 5 enfants.  Du niveau seconde, cet ancien du lycée municipal d’Attécoubé dit ne pas regretter son choix, celui d’avoir mis fin à ses études à 20 ans. Sur son lieu de travail dès 6 heures du matin, ce n’est qu’à 18 heures que Yacou, son petit nom, regagne son domicile sis à Adjamé même. Pour toutes éventuelles livraisons, Yacou est joignable au 46 65 7 3 73.

IMG_7902

Publicités
Tagué , , , , ,

6 réflexions sur “Yacouba Bamba, entrepreneur en herbe

  1. Treichvillois dit :

    Je suis admiratif devant ceux qui savent tirer profit des coups défavorables du sort, qui ne naissent pas les bras, qui ne répondent aux appels des sirènes de la facilité, de l´oisiveté, de la criminalité..Je le suis encore plus quand je lis qu´il a des projets d´avenir, qu´il ne compte pas s´arrêter là…il est à encourager et à aider. Il n´y a pas de sots métiers…, aide-toi, Dieu t´aidera, where there’s a will there’s a way….sont autant de sagesse qui me viennent à l´esprit pour lui et pour tous ceux qui se débrouillent comme lui. Merci Rita Dro pour tes enquêtes édifiantes!

    J'aime

  2. Tchonte Silue dit :

    Je me rappelle avoir donne une idee pareille a une connaissance et je suis bien contente de voir que quelqu’un d’autre y a deja pense. Merci a toi de partager ce genre d’histoires. Il y a tellement de personnes qui attendent que tout leur tombe dans le bec qu’il faut des exemples comme Yacouba Bamba pour montrer que seul le travail paie. J’espere vraiment qu’il pourra pousser son activite plus loin.

    J'aime

  3. ce article est succulent, comme un plat d’agoutis en plein Ebola. SerZenNousEncore.

    Aimé par 1 personne

Exprimez-vous !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :