La Cour Pénale Ivoirienne

zana Incorrigibles voleurs ! Et pourtant, s’il y a une justice à Abidjan que les bandits  et autres quidams devraient craindre  c’est bien celle de la rue.   Sans pitié, immédiate et surtout violente, elle est à l’opposé de celle des instances conventionnelles.

La justice populaire est radicale, intransigeante, barbare  et fille   de la rumeur en général. Elle  n’a que faire des interrogatoires,  et autres procédures judiciaires qui  offrent aux scélérats  cette once de sécurité, d’humanisme et ce précieux bénéfice du doute, gage de leur survie.  Dans la rue, les plus chanceux écopent de multiples  coups et  blessures. Pour les autres c’est ‘simplement’ la mort ! Parfois à tord, d’autres fois à raison, la rue  fait sa justice, dresse ses codes et règlements. Le présumé voleur de ce samedi 25 Avril   l’a appris à ses dépens.

Frêle, jeune vêtu d’un jean et d’un tee-shirt noir avec en tête sa probable idée sombre, le voilà dans les ruelles d’Adjamé  marché. Manque de bol pour lui, son acte prémédité échoue. « Il essayait de ‘picpoketequer’ mon porte-monnaie » accuse un vendeur de friperie  en ce lieu bondé de commerçants et acheteurs tout azimut.

Le coupable du jour  vient de se faire prendre la main dans  le sac. Il a fallu une seule alerte pour que le malheureux soit encerclé et maîtrisé. Tout de suite, il essuie des coups signe de la colère et la rage des autres. Il passe de mains en mains.  Des commerçants, badauds, simples passants ou anciennes victimes de vol,  tous se sont érigés en juges correctionnels  en l’espace de 5 minutes.  Une éternité pour ce présumé filou, grand moment de frayeur pour les spectateurs passifs. En pleurs, dépouillé de tous ses effets personnels, le visage en sang,  le suspect  est relâché  plus tard. Avec pour musique d’accompagnement les huées de la foule qui scande : « voleur, voleur, voleur !… », et aussi des menaces de mort pour la prochaine tentative malsaine du larron.

Innocent ou coupable? Ce dernier n’a pu placer aucun mot. Son seul objectif à cet instant était sûrement  de se sortir des griffes de cette foule hystérique  et de s’éclipser au plus vite.

D’autres moins chanceux que lui  ont eu la peine capitale. On a encore en souvenir l’homicide commis  par la rue sur un présumé criminel le mardi 14 avril dernier. Connu sous le pseudonyme « Zama » et désigné chef d’une bande d’adolescents appelés « microbes » , lui et sa bande  sèmeraient la terreur depuis quelques années à Abidjan. leur mode d’opération:  l’attaque à la machette d’innocentes personnes  , l’homme  fut arrêté par les forces de l’ordre puis abandonné à la vindicte populaire. Il a été  par la suite lynché  puis découpé en morceaux avant d’être brûlé sous un tas de pneus par la foule.

lynché

Un autre commis lors des rapts d’enfants dans le mois de janvier . Un homme a perdu la vie après avoir essuyé la colère des habitants d’un quartier de la commune de Yopougon.  Soupçonné d’enlèvement d’enfant,il a payé de sa vie. Sa culpabilité n’a toujours pas été prouvée, mais sa mort fut à la base d’une vaste campagne de sensibilisation médiatique initiée par le gouvernement, elle a contribué à l’accalmie mais apparemment pas à l’éradication de la justice de la rue.

CPI

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