San Pedro, ville poussière

 

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Une vue du quartier Sotref

« Respirer l’air pur de cette région forestière  la côte d’ivoire, précipite le pli des affaires« . (Droville.com , article numéro 30 ligne 6). C’était l’un des motifs principaux d’un départ imprévu vers San Pedro. Une fois le sol des pétruciens foulé, la surprise est grande. Le désamour aussi. La désillusion! Cette phrase devenait l’unique fausse note  du chapô de l’article passé. Ici, la poussière envahit  la ville. L’air est tout, sauf pur. «J’ai tapé sur ma bouche ». Un geste et un  signe Ivoirien pour dire « J’ai parlé un peu trop vite » mieux « J’ai  vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Décidément ce dimanche 30 novembre 2014 reste la date de toutes les émotions. Le séjour tant rêvé se conjugue déjà   à  l’unique  couleur de la latérite, et ça craint!  Bienvenue à San Pedro, ville de la  poussière.

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un véhicule stationné à la rue des grumiers

Sotref. Le quartier situé à l’entrée de la ville est rouge. Le ballet des poids lourds, grumiers et autres camions n’arrange pas la situation. Il est quasi impossible d’ouvrir les paupières après le passage d’un de  ces gros engins. Au  rond-point de la ville, la pelouse  autrefois  aménagée pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants a perdu de sa verdure. Pas très accueillant. Les véhicules à la  gare des »Massa « érigés en ce lieu sont repeints à la couleur de cette poussière omniprésente. Les panneaux de publicité géants sont méconnaissables. Pas sûre que le  teasing atteigne une cible.  On aurait dit qu’ils  ont 50 ans.

En ces temps de canicule, la rue des grumiers est un piège à poussière. Les véhicules stationnés là depuis des heures sont obligés d’effectuer un tour au lavage auto. Au niveau de la zone industrielle la situation est bien pire. Une grande voie non bitumée sépare les grandes entreprises de cette zone d’activités. Cargil, Bernabé, Unicos, Susco, Ecopamci et autres. Les façades de ces entreprises ont perdu de leur couleur et de leur fraîcheur. Ce lieu est le siège de ces gros camions. Lieu de chute de ces transporteurs de billes de bois, café cacao hévéa etc… L’un des trajets les plus fréquentés des taxis drivers. Pour un visage plus reluisant, le peintre Nemlin Paul est à pied d’œuvre .Il repeint la clôture d’une bâtisse située sur cette voie. Paul est à la fois pessimiste et heureux. Il est persuadé que ce travail est inutile et qu’il aura à nouveau du travail dans quelques mois. Les quartiers huppés, résidentiels ou dits des blancs n’échappent pas à l’envahisseuse. Les hôtels situés en bordure de route se livrent à une véritable guerre contre la poussière. Ils souhaitent rester fidèles à l’argument marketing « propreté ». Les  hommes et les femmes de ménages  passent la serpillère à intervalles réguliers. A la radio, au centre culturel, les murs initialement blancs virent à une autre couleur. Belge ou jaune, enfin la couleur n’est plus nettement perceptible. Elle tire peu à peu vers le rouge. La parabole de la radio ne capte plus que les ondes. La poussière s’y est invitée et en a fait son nouveau siège. Encombrante, la poussière est partout, elle s’est logée dans tous les recoins des locaux  de la radio. De la fenêtre aux tables de mixage et appareils de la régie, tous ont une coloration de fond rouge.

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la fenêtre de la radio San Pedro

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La parabole de la radio San Pedro

Au berceau de la poussière

« San Pedro c’est 90% de marécages à l’origine. L’installation du second port il y a 35 ans a tout chamboulé. Le déplacement massif des chercheurs d’emploi vers cette zone de travail assorti  à la forte démographie ont entrainé une hausse de la demande de logements. Pour faire face à cette exigence du marché, une solution devait être trouvée. Les nombreuses collines dans cette zone marécageuse ont donc servi de base pour l’opération du remblayage ». Précise Monsieur Kramo, directeur technique à la mairie de la ville. Seul hic : la texture  de ces collines  est argileuse et de couleur rouge. Donc peu perméable  à l’eau. En saison pluvieuse, la cité retrouve des allures de lacs artificielles avec une pléiade de flaques d’eau à tous les recoins de la ville. Les populations assistent impuissantes à la dégradation de la voirie et à un affaissement du bitume.  En saison sèche, précisément en temps d’harmattan c’est la galère. La ville a de faux airs de Niamey .Cette ville  semi- désertique située à la frontière du Sahara.SAMSUNGSAMSUNG

Solutions envisagées

SAMSUNG« Les pavés. La solution miracle contre la poussière ». Souligne monsieur Kramo. Ces blocs de bétons  autobloquants posés  sur du sable  ont tenu  depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui. La voix allant carrefour du  » mauri » au premier arrondissement du quartier cité en est l’infrastructure témoin. Cette expérience plus tôt positive  sera étendue  sur d’autres rues de la ville. D’ailleurs 7 kilomètres de bitumes sont en cours d’exécution. Un projet de la banque mondiale – État de Côte d’Ivoire débuté dans le mois de février de cette année. 10 autres kilomètres de routes seront réalisés en 2015. Initiative conjointe  de l’État de Côte d’Ivoire,mairie de San Pedro pour améliorer le cadre urbain. Promet monsieur kramo.Des solutions qui permettront d’améliorer la circulation, réduire la poussière ainsi que les maladies respiratoires. En attendant certains  habitants astucieux se baladent avec des caches nez et évitent comme ils peuvent le blanc comme dress color en matinée.

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3 réflexions sur “San Pedro, ville poussière

  1. KOCOGNI dit :

    J’ai envie de découverte et de voyage malgré tout.

    J'aime

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